« Pas de berceuse pour Fanny » Sophie Hannah)

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J’ai l’impression d’être très souvent en désaccord avec les gens. Quand tout le monde adore un livre, moi je suis déçue et quand tout le monde critique, je me retrouve à beaucoup aimer. C’est le cas pour ce thriller. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est parfait, la fin est assez vite découverte je trouve mais sinon, j’ai trouvé l’idée très bonne.

Alice a accouché d’une petite fille, Fanny, il y a deux semaines. Alors qu’elle s’absente quelques heures, en rentrant, elle est certaine que le bébé qui se trouve dans le berceau n’est pas le sien. Son mari assure que si. Mais Alice sûre d’elle, alerte la police. Contrairement à des avis que j’ai pu lire, j’ai beaucoup aimé la construction du roman. On alterne les chapitres où Alice rentre à la maison, ne reconnaît pas sa fille etc à celui de la police une semaine plus tard où Alice et ce bébé ont disparu. Cette construction est très bonne puisque en terminant un chapitre, on veut savoir la suite mais l’auteure nous pousse à attendre un chapitre de plus. Ce qui fait que avant de dormir, on continue, on continue, quitte à faire nuit blanche. Qui a raison ? Alice ? Le mari assurant que ce bébé est le leur ?

En tant que lecteur, les chapitres concernant Alice nous sont livrés avec la première personne du singulier. Nous avons donc ses pensées les plus intimes, nous serions alors plus aptes à croire de ce fait en Alice. Mais très vite la police, son mari et même sa belle mère dévoilent qu’elle a auparavant subi une grave dépression suite à la mort de ses parents. De plus, la dépression post-partum est très vite une nouvelle piste. Donc qui a raison ? Alice subit-elle une dépression ? Ou a t’elle au contraire toute sa tête et raison ? De plus, cette enquête va très vite en ouvrir une autre, une qui remonte au passé de son mari. Autrement dit, je ne me suis pas du tout ennuyée. J’avais envie de découvrir ce qui s’est passé et qui disait la vérité.

J’ai aimé le personnage d’Alice, à travers ses émotions, ses pensées, on peut facilement se mettre à sa place. En revanche, l’auteure a réussi à me faire détester des personnages. Cela pourrait être perçu comme négatif mais cela ne l’est pas. Une auteure qui arrive à vous faire aimer ou détester des personnages est un bon auteur. Je préfère cela aux personnages fades, sans personnalité. Certaines scènes sont terribles, notamment la scène du bain glacé qui m’a fait froid dans le dos.

Enfin, la fin est tout de même prévisible arrivé à un certain moment de l’histoire. Vu que nous avons le point de vue de la police, on comprend vite à quelle conclusion ils sont arrivés et ils ne se trompent pas. C’est le gros point négatif du roman. Autrement, j’ai beaucoup aimé ce thriller.

« Toyer » (Gardner Mckay)

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Toyer est ce que l’on pourrait appeler un thriller psychologique. Vivement intéressant, l’auteur sait parfaitement nous embarquer sous l’emprise de Toyer.

Toyer est le psychopathe de l’histoire, c’est un surnom qu’il doit à une journaliste Sarah Smith. « Toyer » car il joue avec ses victimes, il ne les tue pas et ne les viole mais les laisse dans un état de mort cérébrale. C’est un personnage passionnant que je n’ai pas réussi à détester, bien au contraire.
Ses victimes sont envoyées au service de neurologie de Maude Garance qui aie bien décidé à arrêter Toyer. La journaliste Sarah va pour cela lui proposer son aide.

C’est un thriller très efficace, axé sur la psychologie, il est vraiment intéressant. Il est construit en trois parties :  le début, le milieu et la fin. Pour ma part, j’ai complètement adoré le début du roman. Je trouve qu’on entre très facilement dans l’histoire et l’auteur sait piquer la curiosité de ses lecteurs. La construction du roman aide car il est composé de chapitres très courts allant de une à cinq pages maximum, poussant encore et toujours l’envie de poursuivre. De plus, les personnages sont alternés : Maude, Sarah, certaines victimes, Toyer etc.. Personnellement, j’aime beaucoup ce genre de constructions.

L’intrigue, autant que la construction est passionnante. Nous voulons découvrir qui est Toyer, les raisons de son comportement, comment il procède même si cela, nous le découvrons bien assez vite. J’ai adoré l’intrigue, le travail psychologique, les personnages.. En réalité, le gros défaut du roman se trouve dans la lenteur. En effet, c’est un livre de plus de 700 pages et je pense que l’auteur aurait pu réduire sans pour autant gâcher l’histoire puisque finalement, par moment, nous tournons en rond et l’intrigue du début, si haletante, perd son souffle, ce qui est dommage.

C’est pourquoi bien qu’au début, cela semblait partit pour être un coup de coeur, finalement il n’en est pas un. Mais il reste un très bon livre, très intéressant qui nous montre jusqu’où la folie peut aller.

« Deuil de miel » (Franck Thilliez)

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Deuil de miel est le second tome lié au commissaire Franck Sharko, mais il est le troisième tome de la saga Franck et Lucie. J’espère que vous me suivez. Le premier tome, train d’enfer pour ange rouge (mon avis icim’avait beaucoup plu, sans m’en laisser un avis impérissable. Ici, en revanche, j’ai complètement été séduite.

Deuil de miel nous plonge directement dans l’action. Sharko est appelé à rejoindre le lieu d’un crime. Une église où gît le coeur d’une femme entièrement nue, l’estomac remplit de miel et de papillons. Oui oui, vous avez bien lu car s’il y a une chose qu’il faut savoir sur Franck Thilliez, c’est qu’il ne ménage pas son lecteur. Le gore est au rendez-vous, nous décrivant parfaitement les atrocités qu’on subit les victimes. Dès cette trouvaille, la chasse au criminel est ouverte. Le tueur manipule, joue de nous ou plutôt de Sharko et de son équipe nous faisant voyager à travers les moustiques, les arachnides et tous autres animaux effrayants. Sharko se bat incontestablement pour réussir à trouver le tueur. Il y a aussi tout un travail psychologique sur le profil du tueur et c’est très intéressant.

Pour en venir au personnage, cette fois donc, nous suivons Franck et j’ai adoré le personnage. Pourtant découvert dans Train d’enfer pour ange rouge  je l’avais trouvé plus antipathique, agaçant en tout point, cette fois, impossible de ne pas s’attacher à lui. On en apprend encore plus sur son passé, le deuil qu’il doit faire de sa femme et de sa fille ne lui rend pas la vie facile bien au contraire et l’ultime dénouement le concernant, tout à la fin du roman et cela, après la découverte du tueur, est imprévisible. Le roman était effrayant, l’enquête fait froid dans le dos certes mais ce qui arrive à ce commissaire est encore plus terrifiant!

Je suis complètement conquise par Franck Thilliez. Il me tarde de découvrir l’auteur encore et encore et il me tarde de retrouver Lucie dans le tome suivant et de découvrir ensuite les deux personnages ensemble dans le tome au dessus, cela  promet des merveilles.

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« Crains le pire » (Linwood Barclay)

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Après une dispute avec son père, Sydney disparaît. Avec le point de vue de Tim, le père en question, nous nous lançons dans une véritable course poursuite à la recherche de la vérité. Élever une adolescente n’est pas chose facile et encore moins quand les parents sont divorcés. Tim et Suzanne vont vite comprendre que leur fille n’est pas comme ils l’espéraient. En effet, elle semble liée à beaucoup de trafics : drogues et peut être un meurtre. Nous nous interrogeons: que lui est-il arrivé? S’est elle enfuie pour échapper à quelqu’un?

Crains le pire reprend les thèmes courants des thrillers. Nous retrouvons une enquête, des meurtres, des secrets, pleins d’éléments qui semblent accuser le personnage principal… Un bon mélange pour faire passer un bon moment aux lecteurs. Certains chapitres sont très dynamiques et ne peuvent faire arrêter le lecteur à la fin. Ils se terminent sur une action ou une révélation qui pousse à poursuivre sa lecture peu importe l’heure qu’il est. Cependant, à l’opposé, certains chapitres sont lents, tournent en longueur et n’apportent pour ainsi dire pas grand chose. Il est dommage que cela ralentisse le rythme et il aurait été plus intéressant d’avoir le souffle coupé tout au long du roman.

Bien que le style de l’auteur soit simple, fluide et bien écrit, bien que l’intrigue soit bonne, la chute finale ne surprend guère et laisse un petit goût de déception. J’aurais préféré une fin plus surprenante, prendre une « bonne claque ». Cet auteur semble pourtant maîtriser ce genre et je pense que ce livre n’est pas le meilleur qu’il ait écrit. Cela dit c’est une bonne découverte. L’intrigue tient la route. Il est simplement dommage que la fin laisse à désirer selon moi.

« Le signe » (Raymond Khoury)

couv49899041Alors qu’une équipe de télévision effectue un reportage en direct sur les conséquences du réchauffement climatique en Antarctique, une gigantesque sphère de lumière apparaît au-dessus des glaces, avant de se volatiliser au bout de quelques minutes. Les images, diffusées dans le monde entier, mettent la planète en émoi. Est-ce le présage d’une catastrophe écologique imminente ? Un message divin ? Un ovni ? Une gigantesque supercherie ? Tandis que la communauté scientifique se mobilise pour tenter d’interpréter cette apparition, en Egypte, un moine reconnaît le signe : il s’agit du motif que dessine inlassablement le père Jérôme, un célèbre ermite. La journaliste Gracie Logan décide de se rendre dans le désert égyptien afin d’élucider le mystère…

Une deception pour ma part. Je découvre Raymond Khoury et je ne pense pas avoir choisi le bon livre. J’ai Eternalis dans ma Pal, et je renterai bien évidemment l’expérience. Mais en ce qui concerne Le signe, je ne pense pas qu’il restera longtemps dans ma mémoire. Je le sens déjà partir bien loin. C’est un thriller pourtant et j’adore les thrillers. Mais ici, pas de sang, pas de commissaires qui tournent en rond.. Juste une apparition dans le ciel qui engendre multiples questions à tout le monde notamment à une équipe de télévision. Tous s’interrogent sur ce signe. Une blague ? Des extra-terrestres ? Symbôle religieux ? Chacun a son idée dessus.

Raymond Khoury lance ici une bonne intrigue pourtant. Il pousse à la reflexion notamment sur l’écologie et ce besoin de sauver la planète et donne aussi une place très importante à la religion. Bien sur, on découvre le vrai de ce signe qu’à la fin du roman. Le point fort du livre réside dans les réflexions que les lecteurs font tout au long de la lecture. Il y a plusieurs points intéressants, d’ailleurs, certains chapitres sont vivements intéressants et attrayants et d’autres, pas du tout. Les personnages ne sont pas assez développés, aucun attachement de ma part en leur égard, ce qui est dommage. Ils sont banals en tout point.

Bien que l’histoire soit tout de même bien ficelée, je ressors déçue puisque la fin n’est pas extraordinaire en soi. On s’y attendrait presque. Je suis contente de l’avoir terminé, d’en être arrivé à bout. J’espère que ses autres oeuvres me plairont davantage.