« Dead Zone » (Stephen King)

Je continue la découverte de Stephen King et cette fois, c’est Dead Zone qui passe à la trappe. Publiée dans les années 70, c’est une oeuvre dont on parle moins quand on cite Stephen King.  Adaptée en film et en série, que je n’ai pas encore vu, il vaut mieux commencer par le livre, l’origine de l’histoire, d’autant que c’est extrêmement bien écrit et bien construit, comme d’habitude.

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L’histoire de John Smith, héros de Dead Zone est profondément triste. Alors qu’il réussit dans son travail, qu’il tombe amoureux, un accident de voiture le plonge dans un coma. A son réveil, il se rend compte que malheureusement, quatre années sont passées et que sa fiancée a refait sa vie. De plus, il doit faire face au terrible don qui lui a été « offert ». A la simple présence de personnes, au toucher, il peut prédire l’avenir. Ce « don » avec lequel il va devoir réussir à vivre va lui permettre de sauver des vies et c’est l’unique avantage car en dépit, il doit affronter ce que le don lui montre, les catastrophes, les malheurs. Sans oublier le fait qu’on le prend pour un malade mental.

La manière dont Stephen King construit ses romans est toujours passionnante. Il prend le temps de mettre en place l’histoire et les personnages. John est décrit avec une telle profondeur que nous, lecteurs, sommes obligés de s’attacher à lui. Coupé en trois parties : La roue de la fortune / Le rire du titre / Notes sur l’accident,  l’histoire nous amène finalement à la politique : réussir à empêcher Greg Stillson de devenir président. Comment John Smith va t’il procéder?  La mère de Johnny déclarait que Dieu l’avait choisi pour une mission. Est-ce celle là? Son accident a complètement changé sa vie mais finalement, il a le pouvoir de changer les choses. C’est un livre intéressant psychologiquement parlant entre John qui doit faire face à son don/sa malédiction, et la possibilité d’inverser le cours des choses. Une citation du roman est d’ailleurs vivement intéressante : « Si vous pouvez utiliser la machine à remonter le temps et revenir en 1932, assassineriez-vous Hitler ? » 

Ce livre est très bon, l’histoire tellement originale et bien travaillée grâce à Stephen King qui a l’habitude de nous surprendre autant par ses idées que par la qualité de son travail.

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« Marche ou crève » (Stephen King)

couv71004138Marche ou crève est le second roman de Stephen King que je lis où il n’y a pas d’éléments fantastiques. Le premier étant Misery. Et avec ces deux tentatives, je pense que je préfère quand King se lance dans l’horreur surnaturel. Pourtant, l’idée de base est vivement intéressante. En effet, cent garçons participent à une marche. Le but est de marcher le plus longtemps possible sans s’arrêter jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Une bonne idée n’est-ce pas? Notez que ça ressemble au jeu tel que Hunger Games d’aujourd’hui.

Tout d’abord, Marche ou crève ne comporte pas d’action et si c’est ce que vous recherchez avec ce livre, il vaut mieux passer votre chemin. Dans ce roman, vous marchez. C’est cela. Nous suivons Ray Garraty, le personnage principal de l’histoire. Nous découvrons également dès le début le fonctionnement de ce « jeu » si on peut appeler ça un jeu. En effet, les participants ne peuvent descendre en dessous de 6km/h et ils n’ont le droit qu’à trois avertissements sous risques de se prendre une balle dans la tête. Les uns à la suite des autres jusqu’au vainqueur. Nous voyons aussi comment des liens se forment mais nous apprenons à connaître les autres personnages qu’à travers les dialogues et leurs actions. Le personnage principal est Ray Garraty mais résultat, je ne m’attache pas autant aux autres garçons. Ce qui est dommage car dans la mesure où il n’y a pas d’attachements, il n’y a pas la peur de les voir mourir.

Dans ce livre où il n’y a pas d’action excepté les personnages qui meurent au fur et à mesure, ce qui compte c’est la marche. Pourquoi alors s’intéresser à ce livre ? Pour le côté psychologique des garçons, pour ce que cette marche leur apporte. Tout au long de l’histoire, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé ces garçons à faire cette marche puisqu’en réalité et à la différence d’Hunger Games, ils se sont portés volontaires. Il est frustrant de voir que Stephen King ne nous livre pas la réponse sur un plateau. Nous devons lire entre les lignes à travers les dialogues des garçons. Certains à cause de leur vie, certains pour se prouver des choses ? Tous avaient probablement des raisons différentes et finalement, pendant cette marche, ils découvrent qu’ils ne savent peut être même pas pourquoi. Seulement ils sont là et un seul survivra… Alors on marche encore.

Le livre fait réfléchir. Comme Amélie Nothomb l’a fait avec Acide Sulfurique, il nous montre jusqu’où peut amener ce genre de jeu type Tv réalité puisque tout le monde regarde. Tout le monde encourage. Stephen King met son lecteur aussi dans cette situation puisque nous suivons cette marche pendant plus de trois cent pages. Il pousse à réfléchir, il surprend aussi par les amitiés qui naissent entre les personnages. La compétition est présente chez les spectateurs qui encouragent la personne qu’ils connaissent mais elle est absente chez les garçons. J’aime ce concept qui éloigne la rivalité, celle de vouloir à tout prix gagner. Pour ce qui est de la fin, elle n’est pas mauvaise du tout mais trop prévisible. Une bonne claque aurait été la bienvenue.

Finalement, je pensais en avoir retiré que du négatif à cause du manque d’action, du manque d’attachement aux personnages mais je lui trouve également du positif. C’est un bon livre de Stephen King qui, comme d’habitude, sait trouver des idées originales et formidables. Pas son meilleur certes, mais loin d’être mauvais également :)

« Docteur Sleep » (Stephen King)

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Quand on est une fan de Stephen King, il n’est jamais évident de garder un oeil objectif. Et pourtant, c’est exactement ce que je vais faire. Je ne suis pas ici pour tenir des propos élogieux sur ce livre mais je ne suis pas ici non plus pour le critiquer. Je l’ai bien aimé point. Pourquoi oui et pourquoi non?

Retrouver Danny Torrance est une très bonne idée de la part de l’auteur. Pour ceux qui ont lu Shining du moins. Le retrouver adulte et découvrir ce qu’il est devenu est intéressant. Ce qu’il a vécu à L’Overlook ne l’a pas épargné, il n’a pas pris goût à la vie par la suite. Danny est devenu un alcoolique, sombre. Tel père, tel fils ais-je bien envie de dire. Mais, nous allons assister à sa métamorphose. En effet, en aidant la jeune Abra, il va s’aider lui même. Ce qui m’amène à mon deuxième point.

Une ribambelle de personnages. Alors que dans Shining, nous avions un huis clos entre le héros, sa femme et leur fils. Ici, nous suivons Danny, la jeune Abra qui, comme Danny, possède -le don, les parents de cette petite fille, la bande des noeuds vrais etc.. L’auteur crée comme à son habitude, des grandes parties, des sous parties et d’autres petits chapitres qui alternent chacun leur tour les différents personnages dans le but d’apprendre à les découvrir. Il faut un bout de temps avant que tous ces personnages soient en quelques sortes « réunis ». Nous savons qu’ils sont tous liés mais seulement la fin de l’histoire amène leur rencontre.

Le don et les Noeud vrai sont l’idée centrale de l’histoire. Danny possède le -don, Abra aussi. Mais à cela est ajouté, la bande du noeud vrai, les méchants.. cette bande va se mettre à la poursuite de la jeune Abra quand celle ci est témoin de ce qu’ils font. Il m’a fallu un certain temps pour accrocher à cette idée que je trouvais un peu trop too much à mon goût. Mais, j’ai beaucoup aimé cette façon qu’a Stephen King de peindre ces personnages. On s’attache tout de même au méchant de l’histoire, notamment à Rose, la chef de bande.

Une action trop lente et présente que vers la fin de l’histoire, ce qui est dommage. D’ailleurs, les premières pages sont assez difficiles. Il faut un temps pour que ça se mette en route.

Une suite indépendante. Oui, nous retrouvons Danny et son don. Mais mis à part quelques brides d’écho et de retour en arrière, cela reste un livre indépendant à part entière. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu shining pour lire ce livre. C’est peut être mieux on est d’accord mais nécessaire non. Quoiqu’il en soit, l’histoire est bien menée malgré un démarrage assez lent. Les personnages sont attachants, même les méchants. C’est un bonne histoire pour en découvrir plus sur le don de Danny et ce qui est intéressant c’est de se rappeler comment il galérait avec cela quand il était enfant et de voir la différence entre lui et Abra.
Conclusion, c’était un bon moyen de faire revivre Danny, l’amener dans une nouvelle aventure, lui permettre d’aider les autres pour aller mieux lui-même.

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La note de l’auteur est un délice à lire, j’aime ses mots quand il exprime la raison du retour de Danny Torrance. Une phrase d’ailleurs m’a beaucoup plu : J’ai pris mon pied à retrouver Danny Torrance et à suivre ses aventures. J’espère que vous aussi. Si c’est le cas, Fidèle Lecteur, on est bon. 
Haha.