« Pétronille » (Amélie Nothomb)

couv11044705Comme toujours les romans d’Amélie Nothomb se lisent rapidement. J’ai lu ce livre en deux soirées et uniquement car je commençais tard car une fois dans l’histoire,  on ne la lâche plus. Pétronille est un roman autobiographique fictif puisque même si ce n’est jamais dis clairement, nous pouvons comprendre qu’il s’agit de l’auteure grâce aux références à plusieurs de ses livres et à son métier. D’ailleurs, Amélie Nothomb est probablement un des rares auteurs dont ce genre de roman autobiographique ne me rebute pas. Tout simplement car ses romans me fascinent tout comme la femme qu’elle est.

Pour en venir à l’histoire, dans Pétronille, nous suivons le point de vue du narrateur, – la pseudo Amélie donc, raconté à la première personne du singulier. On retrouve dans ce livre par exemple, son addiction au champagne, son métier, ce qu’elle peut penser lors des rencontres avec ses lecteurs. C’est très intéressant. Le livre est écrit avec une telle justesse que nous entrons sans difficulté dans l’histoire. Aussi, ce roman nous fait découvrir le fameux personnage de Pétronille qui lui doit le titre principal. Pétronille est une des lectrices d’Amélie Nothomb et elles vont se rencontrer lors d’une énième séance de dédicace et alors qu’Amélie cherche une amie de beuverie, c’est en la personne de Pétronille qu’elle va la trouver. Nous découvrons alors l’amitié naissante entre les deux femmes, leurs confidences et leur addiction au champagne évidemment. J’ai beaucoup aimé découvrir ces deux personnages même si pour ma part, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à  Pétronille. Je pense que dans la vie, j’aurais un peu de mal à apprécier ce genre de personnes même si elle ne fait que dire ce qu’elle pense finalement.

Dans l’ensemble, et ce n’est pas une surprise, j’ai beaucoup aimé une fois encore ce nouveau roman d’Amélie Nothomb. C’est savoureux, intéressant, drôle grâce à l’humour noire dont l’auteure sait si bien user. La fin m’a surprise, choquée même comme toujours car ce ne serait pas un livre d’Amélie sans ce fameux coup de théâtre final, et j’adore ça. Cependant, le lecteur doit un peu interpréter à sa manière les raisons de ce final et c’est frustrant. Cela dit, Pétronille a su me séduire et me fasciner. Y a t’il une fois où Amélie Nothomb me décevra?

« En effet, j’appartiens à la race de ceux qui pleurent quand leurs amis partent sans connaître la date de leur retour. J’ai une très grande expérience des séparations, je sais mieux que personne leur danger: quitter quelqu’un en se promettant qu’on va se revoir, cela présage les choses les plus graves. Le cas le plus fréquent, c’est qu’on ne revoit pas l’individu en question. Et ce n’est pas la pire éventualité. La pire consiste à revoir la personne et à ne pas la reconnaître, soit qu’elle ait réellement beaucoup changé, soit qu’on lui découvre alors un aspect incroyablement déplaisant qui devait exister déjà mais sur lequel on avait réussi à s’aveugler, au nom de cette étrange forme d’amour si mystérieuse, si dangereuse et dont l’enjeu échappe toujours: l’amitié. »
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