« Bons baisers de Téhéran » (Gina B Nahai)

9782253191186-XCe roman commence avec l’assassinat du fils de Raphael, un homme d’affaires d’origine iranienne qui, au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire, semble être lié à plusieurs magouilles. Sa femme, paniquée, alerte tout de suite la police et les secours, mais à leur arrivée, le corps a disparu.

Au premier coup d’œil, nous nous attendons à un roman policier : un assassinat, un corps qui disparaît.. Mais finalement, c’est bien plus que ça. A partir de la -non découverte du corps, nous repartons en arrière et l’auteure nous fait revivre toute la généalogie du fils de Raphaël en commençant par ses grands parents, puis ses parents pour enfin revenir à lui, à son présent, aux affaires dans lesquelles il était lié. En d’autres termes, son meurtre se fait oublier pendant les trois quart du roman.

C’est une sorte de saga familiale qui nous ouvre les yeux sur l’Iran. L’auteure Gina B. Nahai est née en Iran avant de rejoindre les Etats Unis, elle connaît donc très bien les cultures iraniennes et elle le fait ressentir. On découvre les persécutions, la vie des iraniens, les droits des femmes qui sont différents des américaines. La force des liens du sang est aussi présente dans l’histoire. Le livre est très intéressant. Gina B. Nahai peint également toute une galerie de personnages dans les moindres détails, on s’attache à certains, on adhère moins à d’autres. Il y a énormément de personnages dans ce roman au fil des générations qui se suivent, et ce n’est peut être pas toujours évident pour le lecteur de bien suivre mais l’écriture de l’auteure, fluide et efficace, nous emporte tout de même dans l’histoire.

Le roman est peut être un peu long, plus de six cent pages et s’essouffle par endroit, mais nous attrape de nouveau plus tard.
C’est pour moi, une lecture très intéressante puisqu’elle m’a appris beaucoup de choses que j’ignorais. Il est toujours intéressant de découvrir d’autres cultures, et la culture juive iranienne se laisse très bien découvrir.

Je  vous laisse avec un passage que j’ai beaucoup aimé :

« Le plus dur quand on vit en exil, les Iraniens l’apprendraient très vite, c’est la disparition – non pas de soi, mais de ce qu’on paraît être aux yeux des autres. Au départ, vous vous voyez comme un reflet dans les yeux de vos parents. Vous apprenez qui vous êtes et ce que vous êtes en contemplant  cette image jour après jour, jusqu’à ce que votre monde s’agrandisse et que vous voyiez l’image dans d’innombrables autres yeux et avant de vous en rendre compte, vous voilà devenu réel. Un tout, une personne à part. » 

Je remercie chaleureusement les éditions Préludes et l’agence Anne et Arnaud.

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