« Cosmétique de l’ennemi » (Amélie Nothomb)

"Les gens qui aiment sont toujours intarissables sur l'objet de leur amour."

couv57326811Comment vous expliquer que je suis et excusez-moi pour le terme mais dingue de Amélie Nothomb ? Bien sur, je comprends parfaitement que l’on ne puisse pas adhérer. Disons qu’Amélie a un style particulier pour des histoires particulières et pour des personnages particuliers. C’est simple : on aime ou on aime pas. Et je fais partie de la première catégorie. J’ai retardé d’années en années de me lancer dans ses histoires car les résumés de livres qui ne dévoilent rien ne me tentaient pas vraiment. C’était une erreur. Aujourd’hui, après lecture de six de ses livres, je me considère comme fan.

Cosmétique de l’ennemi ne m’a pas du tout déçu, bien au contraire, j’ai même adoré ! Tout d’abord, Amélie Nothomb a eu la très bonne idée de faire de ce livre un dialogue, deux personnages dans un aéroport qui discutent. Qui discutent de loin mais qui en réalité, s’entre-tuent. Suite à un retard d’avion, le second a décidé de ne pas lâcher le premier. Le premier, un homme d’affaire, voudrait juste lire en attendant que son avion décolle mais l’autre homme en a décidé autrement et il lui parle. Il lui raconte son passé, notamment ses premiers pas de meurtriers. On se demande en ouvrant le roman où nous allons mais nous y allons. Très vite, impossible de lâcher, on veut savoir, voir ce qu’il va se passer dans le hall de cet aéroport. Savoir pourquoi cet homme a choisi lui plutôt qu’une autre personne présente dans l’aéroport et surtout savoir où ce dialogue va mener.

Les personnages sont intéressants. Le dialogue est excellent. J’ai ri, oui j’ai ri. Certaines répliques, notamment le sens de la répartie des personnages, est amusant. Au fur et à mesure, la tension monte, on comprend petit à petit. Amélie Nothomb, comme toujours, joue de ses lecteurs et termine sur un final renversant. Rien ne m’a déplu dans ce livre. Tout est réfléchi, bien travaillé, bien construit. On en voudrait plus, mais plus viendrait gâcher le reste alors finalement, c’est suffisant et c’est excellent ! Amélie Nothomb maîtrise l’art de créer des romans courts mais intenses. 

"Le risque, c'est la vie même. On ne peut risquer que sa vie. Et si on ne la risque pas, on ne vit pas."