‘Hygiène de l’assassin » (Amélie Nothomb)

couv37445198Quel adorable après-midi en compagnie d’Amélie. Cela dit, pour moi, fan du travail d’Amélie Nothomb, je trouve que ce n’est tout de même pas son meilleur roman bien qu’il soit tout de même très plaisant à lire.

Dans Hygiène de l’assassin, nous découvrons le romancier Prétextat Tach qui a reçu le prix de Nobel de littérature et à qui il ne reste que deux mois à vivre. Homme âgé de quatre-vingt-trois ans, obèse, laid, vulgaire, cruel et j’en passe, il n’a de cesse de rabaisser les journalistes venus pour l’interviewer. Tous se voient totalement humiliés lors de ce face à face jusqu’à ce qu’arrive Nina, jeune femme qui saura lui tenir tête et qui saura le sortir de son ennui quotidien. Pourtant, Nina partait avec un sérieux handicap, celui d’être une femme. Tach méprise les femmes, les trouvant même inutiles et laides à partir de leur adolescence. Mais tais-toi donc Tach ! (suivi d’une paire de claques si nous serions face à lui)

A travers des dialogues tout au long du roman, Amélie Nothomb débute sa carrière d’écrivain avec ce livre et avec intelligence. D’ailleurs, beaucoup de termes « savants » sont utilisés et peuvent ralentir la lecture à ceux pour qui ce ne serait pas évident. D’ailleurs, moi-même par moment, il m’arrivait de ne pas comprendre certains termes. Amélie peint ici des personnages extrêmement réalistes et crée un renversement de situation, Tach, menant de loin les premiers journalistes qui sont tombés à terre face à lui, va tomber sur plus fort que lui. Une femme ou « une fouille merde » comme il l’appelle. Cette dernière va faire « ramper » Tach devant elle, va faire tomber les masques et révéler une vérité le concernant ! le dénouement est comme toujours avec Amélie, un bonheur, une claque !

"Le monde grouille d'assassins, c'est-à-dire de personnes qui se permettent d'oublier ceux qu'ils ont prétendu aimer."

« Pétronille » (Amélie Nothomb)

couv11044705Comme toujours les romans d’Amélie Nothomb se lisent rapidement. J’ai lu ce livre en deux soirées et uniquement car je commençais tard car une fois dans l’histoire,  on ne la lâche plus. Pétronille est un roman autobiographique fictif puisque même si ce n’est jamais dis clairement, nous pouvons comprendre qu’il s’agit de l’auteure grâce aux références à plusieurs de ses livres et à son métier. D’ailleurs, Amélie Nothomb est probablement un des rares auteurs dont ce genre de roman autobiographique ne me rebute pas. Tout simplement car ses romans me fascinent tout comme la femme qu’elle est.

Pour en venir à l’histoire, dans Pétronille, nous suivons le point de vue du narrateur, – la pseudo Amélie donc, raconté à la première personne du singulier. On retrouve dans ce livre par exemple, son addiction au champagne, son métier, ce qu’elle peut penser lors des rencontres avec ses lecteurs. C’est très intéressant. Le livre est écrit avec une telle justesse que nous entrons sans difficulté dans l’histoire. Aussi, ce roman nous fait découvrir le fameux personnage de Pétronille qui lui doit le titre principal. Pétronille est une des lectrices d’Amélie Nothomb et elles vont se rencontrer lors d’une énième séance de dédicace et alors qu’Amélie cherche une amie de beuverie, c’est en la personne de Pétronille qu’elle va la trouver. Nous découvrons alors l’amitié naissante entre les deux femmes, leurs confidences et leur addiction au champagne évidemment. J’ai beaucoup aimé découvrir ces deux personnages même si pour ma part, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à  Pétronille. Je pense que dans la vie, j’aurais un peu de mal à apprécier ce genre de personnes même si elle ne fait que dire ce qu’elle pense finalement.

Dans l’ensemble, et ce n’est pas une surprise, j’ai beaucoup aimé une fois encore ce nouveau roman d’Amélie Nothomb. C’est savoureux, intéressant, drôle grâce à l’humour noire dont l’auteure sait si bien user. La fin m’a surprise, choquée même comme toujours car ce ne serait pas un livre d’Amélie sans ce fameux coup de théâtre final, et j’adore ça. Cependant, le lecteur doit un peu interpréter à sa manière les raisons de ce final et c’est frustrant. Cela dit, Pétronille a su me séduire et me fasciner. Y a t’il une fois où Amélie Nothomb me décevra?

« En effet, j’appartiens à la race de ceux qui pleurent quand leurs amis partent sans connaître la date de leur retour. J’ai une très grande expérience des séparations, je sais mieux que personne leur danger: quitter quelqu’un en se promettant qu’on va se revoir, cela présage les choses les plus graves. Le cas le plus fréquent, c’est qu’on ne revoit pas l’individu en question. Et ce n’est pas la pire éventualité. La pire consiste à revoir la personne et à ne pas la reconnaître, soit qu’elle ait réellement beaucoup changé, soit qu’on lui découvre alors un aspect incroyablement déplaisant qui devait exister déjà mais sur lequel on avait réussi à s’aveugler, au nom de cette étrange forme d’amour si mystérieuse, si dangereuse et dont l’enjeu échappe toujours: l’amitié. »

Mes coups de ♥ 2014 !

L’année 2014 est désormais terminée alors tout d’abord, je tiens à vous souhaiter une très belle et heureuse année ! Qu’elle vous apporte bonheur, sécurité. Que vos rêves se réalisent et je vous souhaite un tas de bonnes découvertes livresques :)

Je reviens aujourd’hui avec un article un peu spécial mais j’ai décidé de vous présenter les lectures pour lesquelles j’ai eu des coups de cœur. Elles sont peu nombreuses. Je constate que je deviens de plus en plus difficile au fil des années, que j’en attends plus d’un livre. Ce qui est probablement normal. Mais malgré que je sois difficile, certaines lectures ont su me séduire, m’émouvoir ou me faire frissonner. Voici donc mes cinq lectures coup de coeur de 2014 !

5. L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle.

couv34810131A la cinquième place, nous retrouvons Laurent Gounelle qui avait déjà su me séduire avec Les dieux voyagent toujours incognito en 2014. Encore une fois, les conseils qu’il donne sur la confiance en soi, les relations humaines, la peur d’échouer et bien d’autres sont vraiment formidables. C’est une leçon de vie. En moment de déprime, ou lors d’un manque d’estime de soi, ce livre est à lire et même à relire.

4. Attentat, Amélie Nothomb.

couv24142758Encore un livre court, mais intense d’Amélie Nothomb. A travers une petite histoire prenante, simple à lire, l’auteure dénonce quelque chose. Ici, c’est l’importance de l’apparence de nos jours qui est mis en cause. Une auteure qui m’inspire énormément et qu’il me tarde de découvrir encore.

3. L’enfant des cimetières, Sire Cédric. couv68347201

Sire Cédric. Une valeur sure pour les fans du thriller. Mon S. King français. Capable de mélanger le thriller au fantastique, ses histoires sont absolument formidables. L’enfant des cimetières est le roman qui précède Le jeu de l’ombre mais que ce soit l’un ou l’autre, il est impossible de s’ennuyer.

2. Derrière la haine, Barbara Abel.

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Le meilleur thriller que j’ai lu cette année. En 2013, c’était Alex de Pierre Lemaître. En 2014, Barbara Abel a été une très bonne découverte avec ce livre. Roman noir, très sombre, surprenant. Une histoire entre deux couples d’amis très proches qui vont se désunir suite à un événement tragique. Evènement qui va faire sortir le mal d’un personnage. Une suite est sortie et il me tarde de la lire.

1. La nuit des temps, Réné Barjavel.

couv13109896Et la première place va au magnifique livre La nuit des temps de René Barjavel. J’ai longtemps trainé pour me décider à lire ce livre et c’était une erreur. Livre qui m’a séduit, qui m’a ému, m’a fait pleurer. Un roman de science fiction certes mais où l’amour a une très grande place.

« Attentat » (Amélie Nothomb)

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Le seul défaut de ce livre est de ne pas être plus long. Même si Amélie Nothomb a certainement fait le tour de l’histoire, il est triste de quitter Epiphane.

Epiphane, le personnage principal et narrateur de l’histoire, est quelqu’un d’atrocement laid. J’insiste car il fait preuve de dégoût à quiconque croise sa route. J’ai du mal à imaginer un être à ce point laid, on a chacun du beau en nous. Mais apparemment, Epiphane non. Enfin si, il a ce que l’on appelle une beauté intérieure, chose qui de nos jours, dans notre société actuelle, n’est plus reconnue. J’ai adoré ce personnage extrêmement attachant qui s’accepte tel qu’il est, qui joue de sa laideur, qui répond avec ironie et qui en bouche un coin à tout ceux qui osent lui rappeler.
Ce personnage va tomber amoureux d’une actrice magnifique. Logique, la laideur est opposée à la beauté. Un amour purement platonique puisque Ethel ne voit en lui qu’un ami merveilleux, un super confident. Aimer quelqu’un qui ne nous aime pas n’est pas chose facile et malheur à celui qui ose le révéler quelques temps plus tard.

J’aimerais en parler encore, vous dire ce que j’ai pensé de telle ou telle chose, mais je me risquerai à vous en dévoilez de trop. J’arrête donc là en reprécisant que Amélie Nothomb a un style léger, fluide, une façon de voir les choses très intéressantes. Nombreux sont les passages qui m’ont fait sourire. L’ironie de l’auteure est plaisante et agréable.
La fin est inattendue à moins que vous ne soyez un fan de cette auteure et que vous connaissez ses vices cachés :)

Conclusion, un livre excellent. Une satire de note société actuelle où seule compte l’apparence.

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Toi seule peut me soigner. Tu es à la fois la cause et le remède. J’ai besoin de toi comme le désert a besoin d’eau. (Page 71)

« Je n’ai jamais été aussi heureuse de toute ma vie ! » Et c’était moi qui t’avait mise dans cet état ! Celui qui couchait avec toi ne t’avait pas fait jouir autant que moi ! Gloire aux mots ! (page 97)