« Celles de la rivière » (Valérie Géary)

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Tout d’abord, un grand merci à Babelio et aux éditions Mosaic de m’avoir permis la découverte de cette histoire.

Avec ce premier roman, et une couverture magnifique, l’auteure crée ici un univers particulier. Alors qu’on pense arriver dans une enquête, il y en a une mais, nous pouvons dire que ce n’est pas l’objectif principal. Cette enquête non principale reste quand même très intéressante et très prenante. Cela dit, ce roman nous montre surtout l’épreuve dont doivent faire face deux fillettes. L’une adolescente Sam, et l’autre est plus jeune, Ollie. Elles sont sœurs, elles ont perdu leur mère récemment et vivent désormais avec leur père qui va se retrouver accuser de meurtre suite à la découverte d’un corps flottant sur un lac.

Nous alternons les chapitres des deux filles, tantôt Sam et tantôt Ollie. Un point de vue très intéressant car Ollie ne dit plus un mot depuis la mort de sa mère. Les chapitres « Ollie » nous aident sur ce point à découvrir ce qu’elle pense et nous découvrons également qu’elle semble voir des fantômes, du moins c’est ce qu’elle dit.

L’histoire est vivement plaisante à lire, l’auteure a un style très agréable, fluide et poétique. De plus, la façon dont les filles vont devoir gérer la situation est particulièrement touchant et attrayant. Nous découvrons comment des secrets de famille peuvent faire plus de mal qu’il n’y paraît. Puis, reste l’enquête. Est-ce vraiment le père le coupable ? Sam a t-elle raison de vouloir défendre son père à tout prix ?

Une très jolie découverte pour ma part.

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« J’étais là » (Gayle Forman)

"Celle que tu appelles la meilleure moitié de toi-même n'était peut être qu'une béquille. Il est parfois terrifiant de devoir marcher sans quand on en a longtemps eu une. Si ça se trouve, ce que tu vis en ce moment n'est qu'une période d'adaptation."

"Sais-tu pourquoi mon père qualifie le suicide de pêché ? [...] Parce que c'est tuer l'espoir. C'est ça le pêché. Tout ce qui tue l'espoir en est un."

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Tout d’abord, je remercie Babelio et son super concept de Masse Critique mais également les livres de poche pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

Gayle Forman est une auteure que j’affectionne beaucoup. C’est pourquoi j’ai commencé le livre sans réelle appréhension. L’histoire commence de suite où nous découvrons la lettre de suicide que Meg a laissé à sa meilleure amie, Cody. Une nouvelle terrible autant pour la meilleure amie que pour les parents de la défunte. Accablés de chagrin, ils demandent à Cody de se rendre sur le campus universitaire où Meg était afin de récupérer ses affaires. Un voyage qui amène pleins de questions : Pourquoi ce geste ? Pourquoi personne n’a rien vu ? Pourquoi sa meilleure amie ne lui a jamais dis qu’elle allait si mal ?

Le thème du roman est douloureux et je plains les personnes qui le subissent. Rester seul sans possibilités de réponses. Sans pouvoir comprendre pourquoi. C’est ce à quoi Cody doit faire face. Sauf qu’elle va tenter de comprendre  ce geste. Elle va se mettre à fouiller la vie personnelle de Meg, ses fréquentations, ses mails etc. Jusqu’à découvrir quelque chose. Cody ira jusqu’au bout de ses recherches.

L’histoire est très bien écrite. On entre facilement dans l’histoire. J’ai aimé que ce livre traite de la mort mais aussi de la vie. La vie de ceux qui restent. L’amour, l’amitié. Mais surtout, le pouvoir d’accepter et de pardonner. Je pense que ce roman peut plaire à beaucoup. Les seuls petits bémols seraient un petit manque d’attachement aux personnages et l’histoire d’amour qui va naître m’a personnellement un peu dérangée, surtout quand on sait qui est ce garçon vis à vis de Meg. Personnellement, je ne peux pas adhérer.

L’histoire n’en reste pas moins intéressante et est très agréable à lire malgré le sujet traité par l’auteure.

« Cinq jours » (Douglas Kennedy)

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Je n’ai pas reconnu le Douglas Kennedy que j’aime tant. Bien sur, ce sont ses mots, nous reconnaissons son style mais c’est au niveau de l’histoire que ça coince. Douglas Kennedy nous a habitué à des pavés où l’intrigue de l’histoire est toujours longue à démarrer puisqu’il prend  le temps de placer le décor, les personnages. En général, c’est ce que je lui reproche, ses débuts lents mais je m’accroche car je sais que, une fois mises en places, ses histores en valent la peine. On pourrait penser que Douglas Kennedy m’a écoutée puisque avec Cinq jours, il crée une histoire plus courte.Le livre ne fait pas, plus de quatre cents pages et l’histoire démarre beaucoup plus vite. C’est regrettable de voir que faisant les choses comme je le souhaitais, la magie a moins opéré.

Tout d’abord, je ne me suis pas attachée aux personnages et comme tout lecteur le sait, l’absence d’attachement rend l’histoire moins attrayante, moins passionnante. On ne ressent pas les émotions que l’on devrait ressentir. Puis, bien que l’histoire soit plus courte, il est  drôle de constater que finalement, elle m’a semblé plus longue quand même. La raison de sa lenteur provient du fait que dans Cinq jours , nous sommes face à une histoire que je qualifierai de touchante. Nous découvrons deux personnages d’une cinquantaine d’années qui tombent amoureux. Réellement amoureux comme tout le monde devrait l’être au moins une fois dans sa vie. La passion qui anime les personnages est belle, touchante et juste. Qu’importe l’âge, l’amour est une des raisons du bonheur de l’être humain Même si l’on doit faire souffrir d’autres personnes. On s’occupe de son propre bonheur en priorité.

Cinq jours est une jolie histoire qui se laisse lire agréablement, ce n’est pas le meilleur de l’auteur mais il n’est pas pourtant médiocre. Je pense que j’aurais beaucoup plus apprécié cette histoire si je m’étais attachée aux personnages, notamment à Laura, la protagoniste. J’aurais été plus réceptive à ce qui lui arrive. Quoiqu’il en soit,  cela reste une jolie histoire.

« Premier amour » (Joyce Carol Oates)

book_267Il va être difficile de dire ce que j’ai ressenti avec ce livre. C’est un roman dérangeant et troublant. Je n’ai pas détesté du tout, l’ambiance dans ce livre est malsaine et on peut ressentir un malaise face à cette lecture. En effet, nous sommes face à un conte gothique de cent pages. L’auteure, si vous ne la connaissez pas, aime surprendre et choquer son lecteur. Et Premier amour ne dément pas à la règle.

Nous avons affaire à une petite fille de onze ans, surnommée Josie. Cet été, elle s’installe avec sa mère dans la maison de sa grande tante Esther. Dans cette maison, se trouve également un cousin de Josie, prénommé Jared Jr, âgé de vingt-cinq ans. L’histoire nous est racontée du point de vue de la petite fille « L’été de mes onze ans, ma mère s’est enfuie avec moi », ce qui explique que le style soit très simple et très accessible mais il n’est pas non plus jeunesse pour autant. Ce que j’ai beaucoup apprécié.

L’histoire se base beaucoup sur les relations familiales. La relation mère/fille est assez spéciale, la mère de Josie ne la ménage pas et nous constatons qu’elle souhaite la préparer aux difficultés de la vie. J’ai apprécié beaucoup de passages où la mère s’exprime avec justesse  « – Jared est malade? Il va mal ? – Malade ? C’est quoi malade ? Qui va bien ? Crois tu vraiment que, si l’on nous examinait attentivement, l’une ou l’autre, nous irions bien à cent pour cent ? »
Mais, bien que la relation mère/fille soit spéciale, c’est la relation entre Josie et son cousin qui choque le plus. En effet, nous sommes face à de l’inceste. Mais pas seulement. Leur relation comprend également des douleurs physiques et morales. Le plus dérangeant est qu’il faut lire entre les lignes pour bien comprendre ce qu’il se passe. Jamais le terme « sexe » y est mentionné. Ce qui surprend également, c’est la réaction de Josie, cette petite fille inexpérimentée qui ne comprend sans doute pas tout ce qu’il se passe.

Le thème abordé à travers ce livre en plus de l’inceste est la religion, plus exactement la folie religieuse à travers le personnage de Jared. Dès le départ, le serpent par exemple est mentionné. Et comme nous le savons, le serpent c’est le mal. Ou plus exactement la tentation du mal. Le fait que Josie le voit dès son arrivée annonce qu’elle sera tentée par le mal, ce qui se vérifie ensuite avec le personnage de Jared. Nous pouvons dire aussi que ce livre montre aussi les premiers émois de l’adolescence puisque Josie aime Jared. Une petite fille qui pour cet homme, s’abandonne aux plaisirs sadiques qu’il souhaite.

Premier amour est donc un roman dérangeant, vous l’aurez compris, mais c’est du grand art. Joyce Carol Oates parvient à choquer son lecteur sans pour autant le dégoûter. C’est un livre sombre, terrible mais fascinant grâce au style de l’auteure.

Un grand merci aux éditions Philippe Rey et à l’agence Anne et Arnaud.

Lorsque l’on rompt, il faut rompre totalement, sans jamais revenir sur le passé. Il n’y a pas de « là-bas ». Il n’y a qu' »ici ». Tout comme il n’y a plus d' »avant », mais seulement « maintenant ». 

« Bons baisers de Téhéran » (Gina B Nahai)

9782253191186-XCe roman commence avec l’assassinat du fils de Raphael, un homme d’affaires d’origine iranienne qui, au fur et à mesure que nous avançons dans l’histoire, semble être lié à plusieurs magouilles. Sa femme, paniquée, alerte tout de suite la police et les secours, mais à leur arrivée, le corps a disparu.

Au premier coup d’œil, nous nous attendons à un roman policier : un assassinat, un corps qui disparaît.. Mais finalement, c’est bien plus que ça. A partir de la -non découverte du corps, nous repartons en arrière et l’auteure nous fait revivre toute la généalogie du fils de Raphaël en commençant par ses grands parents, puis ses parents pour enfin revenir à lui, à son présent, aux affaires dans lesquelles il était lié. En d’autres termes, son meurtre se fait oublier pendant les trois quart du roman.

C’est une sorte de saga familiale qui nous ouvre les yeux sur l’Iran. L’auteure Gina B. Nahai est née en Iran avant de rejoindre les Etats Unis, elle connaît donc très bien les cultures iraniennes et elle le fait ressentir. On découvre les persécutions, la vie des iraniens, les droits des femmes qui sont différents des américaines. La force des liens du sang est aussi présente dans l’histoire. Le livre est très intéressant. Gina B. Nahai peint également toute une galerie de personnages dans les moindres détails, on s’attache à certains, on adhère moins à d’autres. Il y a énormément de personnages dans ce roman au fil des générations qui se suivent, et ce n’est peut être pas toujours évident pour le lecteur de bien suivre mais l’écriture de l’auteure, fluide et efficace, nous emporte tout de même dans l’histoire.

Le roman est peut être un peu long, plus de six cent pages et s’essouffle par endroit, mais nous attrape de nouveau plus tard.
C’est pour moi, une lecture très intéressante puisqu’elle m’a appris beaucoup de choses que j’ignorais. Il est toujours intéressant de découvrir d’autres cultures, et la culture juive iranienne se laisse très bien découvrir.

Je  vous laisse avec un passage que j’ai beaucoup aimé :

« Le plus dur quand on vit en exil, les Iraniens l’apprendraient très vite, c’est la disparition – non pas de soi, mais de ce qu’on paraît être aux yeux des autres. Au départ, vous vous voyez comme un reflet dans les yeux de vos parents. Vous apprenez qui vous êtes et ce que vous êtes en contemplant  cette image jour après jour, jusqu’à ce que votre monde s’agrandisse et que vous voyiez l’image dans d’innombrables autres yeux et avant de vous en rendre compte, vous voilà devenu réel. Un tout, une personne à part. » 

Je remercie chaleureusement les éditions Préludes et l’agence Anne et Arnaud.

« Le Cycle d’Avalon, tome 1 : Les Dames du lac » (Marion Zimmer Bradley)

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Ce livre est extraordinaire. A toutes les personnes non fan de livres médiévaux, ce livre est pour vous. Etant moi même pas très adepte de ce genre de romans, j’ai beaucoup aimé celui-ci. Probablement car l’histoire nous est contée du point de vue des femmes. A travers les personnages de Viviane, la Dame du lac, de Morgane, de Guenièvre, l’auteure nous offre une vision féministe de l’histoire d’Arthur et de ses chevaliers. Elle offre une vision où se mélangent magie, amour, sensibilité, émotions. L’histoire d’Avalon et de ses prêtresses y est merveilleusement contée. Les personnages sont très attachants. Il y en a beaucoup et il peut être difficile de suivre correctement la généalogie, mais le fait d’en avoir autant peut nous permettre d’en aimer certains, d’en détester d’autres. J’ai adoré tous les personnages personnellement. Le portrait qu’en a fait Marion Zimmer est probablement réussi car j’ai adoré découvrir chacun d’eux, découvrir les liens qui les unis et dont j’ignorais tout, découvrir leurs caractères, leurs malheurs, leurs forces. Morgane plaît beaucoup puisque cette femme n’a que malheur dans sa vie. Il est donc difficile de ne pas s’y attacher. Mais même Guenièvre m’a beaucoup plu. Celle-ci a tout pour elle : la beauté, le pouvoir, son mari et pourtant, elle ne cesse de désirer Lancelot, refusant pour autant de trahir son mari.

Cette histoire bien que racontée du point de vue des femmes ne nous éloigne pas pour autant de l’histoire d’Arthur, de sa naissance à son ascension au pouvoir royal, nous retrouvons également le célèbre trio Arthur/Guenièvre/Lancelot et le don des prêtresses d’Avalon. Ce premier tome nous met face à la généalogie complète. En commençant avec Ygerne, nous découvrons la naissance de Morgane, d’Arthur, la vie de Morgane dans les brumes d’Avalon, la rencontre entre Lancelot et Morgane mais aussi avec celle de Guenièvre, l’ascension royale d’Arthur, les péripéties etc. C’est un premier tome déjà bien fourni où il est impossible de s’ennuyer. C’est un livre que j’ai lu pour mes études de Lettres, le premier tome uniquement, mais de moi même, je compte bien découvrir la suite. Marion Zimmer a parfaitement réécrit cette histoire. C’est avec talent qu’elle arrive à nous embarquer dans cette histoire pour notre plus grand plaisir.

« Marche ou crève » (Stephen King)

couv71004138Marche ou crève est le second roman de Stephen King que je lis où il n’y a pas d’éléments fantastiques. Le premier étant Misery. Et avec ces deux tentatives, je pense que je préfère quand King se lance dans l’horreur surnaturel. Pourtant, l’idée de base est vivement intéressante. En effet, cent garçons participent à une marche. Le but est de marcher le plus longtemps possible sans s’arrêter jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Une bonne idée n’est-ce pas? Notez que ça ressemble au jeu tel que Hunger Games d’aujourd’hui.

Tout d’abord, Marche ou crève ne comporte pas d’action et si c’est ce que vous recherchez avec ce livre, il vaut mieux passer votre chemin. Dans ce roman, vous marchez. C’est cela. Nous suivons Ray Garraty, le personnage principal de l’histoire. Nous découvrons également dès le début le fonctionnement de ce « jeu » si on peut appeler ça un jeu. En effet, les participants ne peuvent descendre en dessous de 6km/h et ils n’ont le droit qu’à trois avertissements sous risques de se prendre une balle dans la tête. Les uns à la suite des autres jusqu’au vainqueur. Nous voyons aussi comment des liens se forment mais nous apprenons à connaître les autres personnages qu’à travers les dialogues et leurs actions. Le personnage principal est Ray Garraty mais résultat, je ne m’attache pas autant aux autres garçons. Ce qui est dommage car dans la mesure où il n’y a pas d’attachements, il n’y a pas la peur de les voir mourir.

Dans ce livre où il n’y a pas d’action excepté les personnages qui meurent au fur et à mesure, ce qui compte c’est la marche. Pourquoi alors s’intéresser à ce livre ? Pour le côté psychologique des garçons, pour ce que cette marche leur apporte. Tout au long de l’histoire, on peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé ces garçons à faire cette marche puisqu’en réalité et à la différence d’Hunger Games, ils se sont portés volontaires. Il est frustrant de voir que Stephen King ne nous livre pas la réponse sur un plateau. Nous devons lire entre les lignes à travers les dialogues des garçons. Certains à cause de leur vie, certains pour se prouver des choses ? Tous avaient probablement des raisons différentes et finalement, pendant cette marche, ils découvrent qu’ils ne savent peut être même pas pourquoi. Seulement ils sont là et un seul survivra… Alors on marche encore.

Le livre fait réfléchir. Comme Amélie Nothomb l’a fait avec Acide Sulfurique, il nous montre jusqu’où peut amener ce genre de jeu type Tv réalité puisque tout le monde regarde. Tout le monde encourage. Stephen King met son lecteur aussi dans cette situation puisque nous suivons cette marche pendant plus de trois cent pages. Il pousse à réfléchir, il surprend aussi par les amitiés qui naissent entre les personnages. La compétition est présente chez les spectateurs qui encouragent la personne qu’ils connaissent mais elle est absente chez les garçons. J’aime ce concept qui éloigne la rivalité, celle de vouloir à tout prix gagner. Pour ce qui est de la fin, elle n’est pas mauvaise du tout mais trop prévisible. Une bonne claque aurait été la bienvenue.

Finalement, je pensais en avoir retiré que du négatif à cause du manque d’action, du manque d’attachement aux personnages mais je lui trouve également du positif. C’est un bon livre de Stephen King qui, comme d’habitude, sait trouver des idées originales et formidables. Pas son meilleur certes, mais loin d’être mauvais également :)

« Les désarrois de Ned Allen » (Douglas Kennedy)

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Je suis de retour avec un roman de Douglas Kennedy. Un auteur toujours agréable à lire dans toutes ses histoires. Les Désarrois de Ned Allen est lui aussi un bon livre où il fait une critique de la société américaine. Plus précisément, le monde des affaires, les personnes qui courent après l’argent. Le héros, Ned, est quelqu’un au poste important au début du roman qui va se voir tout perdre : le travail, l’argent, sa femme… A ce stade, nous serions prêt à accepter n’importe quoi pour tenter de s’en sortir.

Ce roman est une parfaite leçon, à retenir que les premières propositions ne sont pas toujours les plus honnêtes. Sans vous en dévoilez davantage, notre héros va se retrouver dans des situations difficiles et va devoir ruser pour s’en sortir.
C’est un roman intéressant, un point de vue de la société qui plaît de découvrir. Il y a de nombreux rebondissements, des manipulations, des affaires louches. Douglas Kennedy a inséré un petit thriller dans son livre et c’est plutôt réussi.

Le livre est plaisant à lire mais c’est à découvrir que si les thèmes abordés vous intéressent. Si le monde des affaires, l’argent etc ne vous intéresse pas plus que cela, il vaut mieux ne pas s’arrêter sur ce roman et découvrir cet auteur si ce n’est pas encore fait, par d’autres de ses oeuvres. Néanmoins, le duo thriller – critique de la société est réussi et donne un bon ensemble.

Une déception pour les personnages qui ne sont pas très travaillés. Douglas Kennedy est doué pour peindre des portraits de personnages attachants ou uniques et excepté le héros qui est assez attachant, les autres personnages ne resteront pas dans les mémoires et ne servent qu’à remplir un second plan.

Conclusion, un roman intéressant et plaisant à découvrir. Une manière efficace de nous montrer le monde des affaires.

« La vie est une suite de tentations. »

« Impurs » (David Vann)

Été 1985. Dans la vieille demeure familiale, en plein cœur de la Vallée Centrale de Californie, Galen vit seul avec sa mère. Tandis que celle-ci s’attache à faire revivre un passé idéalisé et l’étouffe d’un amour oppressant, le jeune homme tente de trouver refuge dans la méditation. Son existence et celle de sa mère sont rythmées par les visites inopportunes de sa tante et de sa cousine trop sexy, et par celles qu’ils rendent à sa riche grand-mère dont la mémoire défaille. Mais l’accumulation de rancœurs entre les deux sœurs et l’obsession de Galen pour sa cousine ne tarderont pas à les mener au bord de l’explosion. Une fois que la noirceur de chacun se sera révélée au grand jour, rien ne pourra plus les préserver du pire. 

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Impurs se démarque sur plusieurs points des précedents romans de l’auteur. Alors qu’il nous avait habitué au froid glacial, Impurs nous transporte sous les grandes chaleurs californiennes. Aussi, la sexualité est un nouveau thème abordé ici par l’auteur alors que c’était complètement absent dans Sukkwan Island et Désolations. En revanche, nous retrouvons cet espèce de huis clos qu’il sait parfaitement maîtrisé puisque nous avons affaire qu’à une seule et même famille. Composée de Galen, vingt deux ans, de sa mère, de sa tante (soeur de sa mère), de sa cousine et de sa grand-mère. Aucun autre personnage entrant. Un autre point commun est la noirceur de ses romans, la tension est présente dès les premières pages et ne cesse de monter… On sait qu’il va se passer quelque chose de tragique mais on ignore quoi. On ignore qui. Et les raisons. Bienvenu dans le monde de David Vann.

Nous sommes en 1985. Galen, le personnage principal de l’histoire vit seul avec sa mère. On sent entre eux une atmosphère étrange. La relation mère/fils m’a d’ailleurs fait penser à celle de la série Bates Motel (pour ceux qui connaissent). Galen est un garçon solitaire étouffé par l’amour de sa mère. La tension monte peu à peu avec l’arrivée de la tante et de la cousine de Galen. Les conflits familiaux entre les deux soeurs s’accroient au fil des pages pendant que Galen fantasme sur le corps de sa cousine allumeuse. Le roman mélange la psychologie, les conflits familiaux et l’inceste.

Alors que le lecteur ressent le malaise dès les premières pages, l’auteur lui crée des personnages de plus en plus fous, des scènes de plus en plus terribles. Un roman noir encore une fois parfaitement maitrisé. Un style spécial et qui peut ne pas plaire à tout le monde. Ça démarre lentement, le roman vous happe et vous embarque plus loin, encore plus loin. De plus en plus saisissant. Avec David Vann, il règne toujours une atmosphère particulière et ses romans laissent une trace. Néanmoins, un peu déçue de la fin. J’aurais aimé savoir ce qui se passe « après ». J’ai tourné la dernière page du roman avec pleins de questions qui resteront sans réponses. Mais, le tout a été une très bonne lecture. J’ai une fois de plus beaucoup aimé lire David Vann et j’ai hâte de découvrir son prochain roman.

Mudwoman – Joyce Carol Oates

Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith ‘M.R’ Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard de sa carrière et d’une ferveur morale intense quant à son rôle. Mais précisément épuisée par la conception d’une rigidité excessive qu’elle a des devoirs de sa charge, tourmentée par ses relations mal définies avec un amant secret et fuyant, inquiète de la crise grandissante que traverse les États-Unis à la veille d’une guerre avec l’Iraq (crise qui la contraint à s’engager sur un terrain politique dangereux) et confrontée à la classique malveillance sournoise des milieux académiques, M.R. se retrouve face à des défis qui la rongent de manière imprévisible. Un voyage sur les lieux qui l’ont vue naître, censé lui rendre un peu de l’équilibre qui lui échappe, va au contraire la jeter dans une terrifiante collision psychique avec son enfance et menacer de l’engloutir une fois encore, mais dans la folie.

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Service presse avec les Editions Philippe Rey. Ce livre est sortit ce 3 octobre. 

Ce livre retrace l’histoire d’une femme, Meredith dite aussi Mudgirl et Mudwman ou encore MR, Jewell.. L’auteure a donné à ce personnage une multitude de prénoms mais toujours de manière logique et de manière à ce que le lecteur s’y retrouve et ne se perde pas. Meredith a été une enfant abandonnée par sa mère au bord d’une route mais qui a été sauvée grâce à un couple qui l’a adoptée. Elle est finalement devenue présidente d’une université. Meredith est un personnage très attachant et bien que la vie ne lui a pas fait de cadeaux, on ressent qu’elle s’est battue puisqu’elle a réussi à aller de l’avant. Seulement, ce rôle de présidente est un grand défi et ses histoires personnelles ne sont pas évidentes non plus, elle commence à faiblir et est poursuivie par les fantômes de son passé.

J’ai trouvé cette lecture complexe mais néanmoins intéressante. On s’y perd un peu entre les pensées de l’héroïne, est-ce du réel ou de l’imaginaire ? L’auteure a bien su travailler cela. Beaucoup de descriptions sur la vie de cette femme peuvent rentrent la lecture ennuyeuse par moment mais ce livre aborde beaucoup de questions utiles et très intéressantes. Par exemple sur le rôle d’une femme en tant que présidente d’une grande université et qui change de l’homme que nous avons l’habitude de voir. Mais aussi, il montre cette peur et cette sensation que l’on a de ne pas y arriver, du point de vue professionnel, familial et amoureux. Il aborde aussi le manque de confiance en soi, le retour en arrière sur sa propre vie.

Joyce Carol Oates est fascinante mais ses histoires ne sont pas spécialement joyeuses. Son écriture aide le lecteur à se perdre dans cette histoire et cette lecture est plus qu’une lecture divertissante. C’est plutôt une lecture intelligente qui nous amène à nous interroger sur les femmes et le pouvoir. Les femmes et les démons du passé. Tout s’y mêle : le réel et l’imaginaire, les descriptions professionnelles et pyschologiques.  Je ne cache pas que c’est une lecture que je n’ai pas trouvé évidente et qui m’a prise du temps mais que j’ai tout de même bien aimé.

Je remercie Anaïs et les Editions Philippe Rey de m’avoir gentillement envoyé ce livre et de m’avoir permis de découvrir le dernier roman de Joyce Carol Oates.