« Tout ce qu’on ne sait jamais dit »(Céleste Ng)

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Tout d’abord, merci aux Editions Sonatine et à Babelio. Premier roman de Celeste NG, classé policier et thriller, or personnellement, après lecture, je ne le classerai pas tellement dans cette catégorie mais plutôt dans la catégorie drame familial.

Lydia, 16 ans, est une adolescente qui en apparence a tout pour être heureuse. Au début du roman, sa famille se rend compte qu’elle a disparu, commence alors une longue descente aux enfers pour la famille puisque est suivie de près la découverte de son corps, dans un lac. Suicide ? Meurtre ? Sa famille veut savoir.

L’auteure, à travers un style absolument passionnant, nous peint un portrait de famille qui va mal. La mort de Lydia ouvre de nouvelles blessures, un passé familial que tous ont essayé d’oublier. Il est toujours difficile de croire que notre enfant allait mal, qu’est ce qui a échappé à sa mère ? En a t’elle fait trop ? Pas assez ?  C’est un roman douloureux qui traite de la mort d’un enfant.

Lydia est morte dès le début du roman, pourtant, elle est présente dans l’histoire. A travers les pensées et les souvenirs des personnages. L’auteure jongle entre le présent et l’affreux moment auquel doit survivre la famille et le passé où nous découvrons les secrets familiaux. Nous découvrons également que Lydia n’allait en réalité pas si bien que sa famille pouvait le croire.

C’est un très beau roman, intéressant et triste mais que je ne qualifierai pas de thriller. Nous souhaitons comme la famille découvrir ce qui est arrivé, s’est elle vraiment suicidée? Ou avait-elle des problèmes avec une personne ? Mais c’est surtout un roman qui montre que les secrets sont dangereux, qu’un sombre passé  ne disparaît jamais totalement, que de vieilles blessures sont toujours là. C’est une très bonne découverte.

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‘Hygiène de l’assassin » (Amélie Nothomb)

couv37445198Quel adorable après-midi en compagnie d’Amélie. Cela dit, pour moi, fan du travail d’Amélie Nothomb, je trouve que ce n’est tout de même pas son meilleur roman bien qu’il soit tout de même très plaisant à lire.

Dans Hygiène de l’assassin, nous découvrons le romancier Prétextat Tach qui a reçu le prix de Nobel de littérature et à qui il ne reste que deux mois à vivre. Homme âgé de quatre-vingt-trois ans, obèse, laid, vulgaire, cruel et j’en passe, il n’a de cesse de rabaisser les journalistes venus pour l’interviewer. Tous se voient totalement humiliés lors de ce face à face jusqu’à ce qu’arrive Nina, jeune femme qui saura lui tenir tête et qui saura le sortir de son ennui quotidien. Pourtant, Nina partait avec un sérieux handicap, celui d’être une femme. Tach méprise les femmes, les trouvant même inutiles et laides à partir de leur adolescence. Mais tais-toi donc Tach ! (suivi d’une paire de claques si nous serions face à lui)

A travers des dialogues tout au long du roman, Amélie Nothomb débute sa carrière d’écrivain avec ce livre et avec intelligence. D’ailleurs, beaucoup de termes « savants » sont utilisés et peuvent ralentir la lecture à ceux pour qui ce ne serait pas évident. D’ailleurs, moi-même par moment, il m’arrivait de ne pas comprendre certains termes. Amélie peint ici des personnages extrêmement réalistes et crée un renversement de situation, Tach, menant de loin les premiers journalistes qui sont tombés à terre face à lui, va tomber sur plus fort que lui. Une femme ou « une fouille merde » comme il l’appelle. Cette dernière va faire « ramper » Tach devant elle, va faire tomber les masques et révéler une vérité le concernant ! le dénouement est comme toujours avec Amélie, un bonheur, une claque !

"Le monde grouille d'assassins, c'est-à-dire de personnes qui se permettent d'oublier ceux qu'ils ont prétendu aimer."

« Celles de la rivière » (Valérie Géary)

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Tout d’abord, un grand merci à Babelio et aux éditions Mosaic de m’avoir permis la découverte de cette histoire.

Avec ce premier roman, et une couverture magnifique, l’auteure crée ici un univers particulier. Alors qu’on pense arriver dans une enquête, il y en a une mais, nous pouvons dire que ce n’est pas l’objectif principal. Cette enquête non principale reste quand même très intéressante et très prenante. Cela dit, ce roman nous montre surtout l’épreuve dont doivent faire face deux fillettes. L’une adolescente Sam, et l’autre est plus jeune, Ollie. Elles sont sœurs, elles ont perdu leur mère récemment et vivent désormais avec leur père qui va se retrouver accuser de meurtre suite à la découverte d’un corps flottant sur un lac.

Nous alternons les chapitres des deux filles, tantôt Sam et tantôt Ollie. Un point de vue très intéressant car Ollie ne dit plus un mot depuis la mort de sa mère. Les chapitres « Ollie » nous aident sur ce point à découvrir ce qu’elle pense et nous découvrons également qu’elle semble voir des fantômes, du moins c’est ce qu’elle dit.

L’histoire est vivement plaisante à lire, l’auteure a un style très agréable, fluide et poétique. De plus, la façon dont les filles vont devoir gérer la situation est particulièrement touchant et attrayant. Nous découvrons comment des secrets de famille peuvent faire plus de mal qu’il n’y paraît. Puis, reste l’enquête. Est-ce vraiment le père le coupable ? Sam a t-elle raison de vouloir défendre son père à tout prix ?

Une très jolie découverte pour ma part.

tous les livres sur Babelio.com

 

« Le dernier message d’Eva » (Pierrick Gazaignes)

"Un jour, mon propre père m'a dit qu'un deuil se vit comme les premiers mois d'une vie. Il faut réapprendre à respirer, manger, marcher, aimer..."

livre_moyen_285Tout d’abord, je remercie les Editions Philippe Rey de m’avoir permis la découverte de ce livre. Le dernier message d’Eva appartient à la collection noir de la maison d’édition.

Angel, une cinquantaine d’année, travaille comme gardien de la paix avec toute son équipe. Un soir, il découvre le corps d’une jeune femme sans vie, qui a été torturée. Très vite, est conclue la cause d’overdose. Angel, en désaccord avec cette théorie, décide de mener sa propre enquête et de résoudre ce qui semble être pour lui un meurtre, aidé de quelques-uns de ses collègues.

Pierrick Gazaignes dresse ici toute une galerie de personnages tristes, achevés par la vie. J’ai d’ailleurs eu l’impression que l’auteur mettait l’enquête au second plan. Ses personnages sont très réalistes mais dans ce roman, rien n’est tout beau tout rose. Nous sommes plutôt dans un monde gris et froid. On adhère ou on n’adhère pas. Personnellement, j’ai eu du mal à m’intégrer dans l’histoire, ce qui fait que je ressors déçue dans l’ensemble bien que la fin m’ait beaucoup plu. Oui, puisque l’enquête d’Angel découle vers la vérité petit à petit, j’ai aimé découvrir ce qui était arrivé à Eva. On découvre à la fin le monde auquel elle faisait partie. Une personne mystérieuse toxicomane pratiquant un petit moment de la pole dance.

Quoiqu’il en soit, ce roman, catégorisé noir, porte bien son nom. Dans un univers remplit de flics, nous ignorons à qui faire confiance. Pierrick Gazaignes crée un univers froid, spécial où il maîtrise parfaitement bien ses personnages. Certains sont véritablement bons tandis que d’autres ne sont que des personnes dangereuses. A nous de déceler qui est qui et ce n’est pas gagné.

Conclusion, j’ai eu du mal à m’intégrer totalement dans l’histoire. Je lisais sans me sentir concernée, ce qui est réellement dommage. Toutefois, l’auteur a crée un travail plutôt réussi si l’on arrive à entrer dans son monde.

« Je tiens très fort à toi » (Naty’Elle)

"Je souhaitais l'aimer, même si ce n'était pas l'idéal, l'aimer même si ce n'était pas facile, l'aimer même en secret." 

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_90954« Le plus grand risque n’est pas de se tromper sur quelqu’un ou sur un choix. Je sais maintenant que c’est celui de n’en prendre aucun. » Voilà le « résumé » de la 4ème de couverture. Cette citation que je n’ai pas pu m’empêcher de conserver est absolument juste et très jolie. D’ailleurs, ce livre est composé de phrases, de passages magnifiques ! L’auteur a su écrire une histoire d’amour où nous, femmes, pouvons toutes nous reconnaître !

C’est une nouvelle de 68 pages seulement et en si peu de pages, l’auteure arrive à faire passer des émotions uniques. Une histoire d’amour entre deux personnes, certes banale, mais qui au fond, reste unique car chaque histoire d’amour est unique. L’amour peut nous attraper là où on ne s’y attend pas, avec une personne que nous n’aurons jamais penser aimer. Cette histoire, très bien écrite, semble tellement réelle que nous ne pouvons nous empêcher de nous interroger si ce n’est pas une histoire vraie ? (Clin d’oeil à l’auteure :-)

C’est avec des mots justes, remplis de sens que l’auteure parvient à toucher son lecteur. J’ai beaucoup aimé cette petite nouvelle qui se lit très rapidement !

« Des garçons bien élevés » (Tony Parsons)

"La force de tes coups n'a pas d'importance. Ce qui compte, c'est la force des coups que tu es capable d'encaisser tout en continuant à te battre."

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1988. Une bande de jeunes garçons violente une fille. Moment épouvantable qui sera d’ailleurs tragique à la fille.
Vingt ans plus tard. Quelqu’un s’acharne sur des hommes. Après les avoir tué, nous retrouvons PORC près des cadavres. Un premier meurtre sur un banquier. Puis, plus tard, c’est un SDF qu’on retrouve sans vie. Quel est le lien entre eux ?  Il s’avère que ces deux hommes ont fréquenté le même établissement dans leur jeunesse, l’école privé Potter’s Field. Ces deux hommes étaient apparemment deux amis issus d’une même bande. Quatre hommes de leur bande sont encore vivants. Qui leur en veut ? Pourquoi maintenant ? L’inspecteur Max Wolfe, père d’une petite fille qu’il élève seul, se retrouve chargé de l’enquête.

L’histoire est vivement intéressante, le style de l’auteur, très fluide. On est facilement embarqué dans l’histoire. Cependant, nous ne sommes pas dans un thriller ordinaire où le lecteur est tenu en haleine par de nombreux rebondissements. Pourtant, on est poussé à poursuivre notre lecture. Par curiosité. Mais peut être également car les personnages sont tous humains et vivement bien détaillés. La psychologie est un point fort à cette histoire. L’inspecteur lui-même est humain, il fait lui-même face à ses propres démons. De ce fait, on s’attache facilement à lui.

L’enquête suit son cours, ce n’est pas long, les pages défilent plutôt rapidement. Il m’a été impossible de découvrir le fin mot de l’histoire, qui était responsable de ses meurtres. Pas de déception pour moi de ce fait. Cela dit, étant une fan inconditionnelle des thrillers aux nombreux rebondissements, je pense que c’est la raison pour laquelle, je n’ai pas eu de coup de coeur pour ce livre. Malgré tout, une très bonne lecture et une histoire réussie de la part de l’auteur.

Merci à Anaïs et aux Editions de la Martinière de m’avoir permis la découverte de ce livre.

« J’étais là » (Gayle Forman)

"Celle que tu appelles la meilleure moitié de toi-même n'était peut être qu'une béquille. Il est parfois terrifiant de devoir marcher sans quand on en a longtemps eu une. Si ça se trouve, ce que tu vis en ce moment n'est qu'une période d'adaptation."

"Sais-tu pourquoi mon père qualifie le suicide de pêché ? [...] Parce que c'est tuer l'espoir. C'est ça le pêché. Tout ce qui tue l'espoir en est un."

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Tout d’abord, je remercie Babelio et son super concept de Masse Critique mais également les livres de poche pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

Gayle Forman est une auteure que j’affectionne beaucoup. C’est pourquoi j’ai commencé le livre sans réelle appréhension. L’histoire commence de suite où nous découvrons la lettre de suicide que Meg a laissé à sa meilleure amie, Cody. Une nouvelle terrible autant pour la meilleure amie que pour les parents de la défunte. Accablés de chagrin, ils demandent à Cody de se rendre sur le campus universitaire où Meg était afin de récupérer ses affaires. Un voyage qui amène pleins de questions : Pourquoi ce geste ? Pourquoi personne n’a rien vu ? Pourquoi sa meilleure amie ne lui a jamais dis qu’elle allait si mal ?

Le thème du roman est douloureux et je plains les personnes qui le subissent. Rester seul sans possibilités de réponses. Sans pouvoir comprendre pourquoi. C’est ce à quoi Cody doit faire face. Sauf qu’elle va tenter de comprendre  ce geste. Elle va se mettre à fouiller la vie personnelle de Meg, ses fréquentations, ses mails etc. Jusqu’à découvrir quelque chose. Cody ira jusqu’au bout de ses recherches.

L’histoire est très bien écrite. On entre facilement dans l’histoire. J’ai aimé que ce livre traite de la mort mais aussi de la vie. La vie de ceux qui restent. L’amour, l’amitié. Mais surtout, le pouvoir d’accepter et de pardonner. Je pense que ce roman peut plaire à beaucoup. Les seuls petits bémols seraient un petit manque d’attachement aux personnages et l’histoire d’amour qui va naître m’a personnellement un peu dérangée, surtout quand on sait qui est ce garçon vis à vis de Meg. Personnellement, je ne peux pas adhérer.

L’histoire n’en reste pas moins intéressante et est très agréable à lire malgré le sujet traité par l’auteure.

« La fabrique de doute » (Paolo Bacigalupi)

Ouuuh la vilaine! Plus d’un mois sans publications. Tapage de doigts. Il y a peu, j’ai reçu des livres de maison d’édition, d’ailleurs, je les remercie chaleureusement. En ouvrant ma boîte aux lettres, j’y ai vu un signe. Audrey. Retourne à la lecture. Et me voilà de retour avec ce livre, sortit le 8 octobre.

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Ce qui m’a effrayé avec ce livre au départ, c’était de voir la collection « young adult ». Autrement dit, les personnages principaux sont des adolescents. J’ai toujours un peu d’appréhension quand ils s’agit d’adolescents car je crains le côté niais de l’histoire. Mais cette appréhension s’est très vite envolée. J’ai beaucoup aimé au contraire me retrouver devant des adolescents matures. Alix, le personnage principal va faire preuve de beaucoup de maturité face à son enlèvement tout d’abord puis face aux révélations qui lui seront faites sur sa famille. Elle va devoir faire un choix et tout est parfaitement travaillé et calculé. Puis, les autres personnages, ceux responsable de l’enlèvement sont eux aussi très matures. Ils expliquent les raisons, le pourquoi de cette situation. L’auteur a crée des personnages très intéressants et tous m’ont beaucoup plu.

A vrai dire, l’histoire entière est très intéressante. J’ai commencé à accrocher à partir de l’enlèvement d’Alix. Il a fallu un peu de temps pour que l’auteur réussisse à m’embarquer mais une fois dans l’histoire,  je ne l’ai plus lâchée. On a une réelle intrigue. Intrigue liée aux médicaments et à l’argent. Que feriez-vous si vous appreniez que l’entreprise pour laquelle votre père travaille maîtrise la manipulation d’informations à des fins financières ? Croiriez-vous jusqu’au bout la ou les personnes que vous aimez le plus au monde ? 

C’est un autre point intéressant de l’histoire. La famille. Alix doit affronter les terribles révélations qui lui sont faites. Elle doit faire preuve de courage, de maturité, de manipulations pour découvrir elle même la vérité et l’affronter. C’est un roman passionnant que nous livre Paolo Bacigalupi. Je découvre cet auteur avec ce livre alors je remercie la maison d’édition Aux Diable Vauvert et Anaïs de m’avoir permis cette agréable découverte. Et je vais garder l’œil ouvert sur cet auteur.

« Pas de berceuse pour Fanny » Sophie Hannah)

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J’ai l’impression d’être très souvent en désaccord avec les gens. Quand tout le monde adore un livre, moi je suis déçue et quand tout le monde critique, je me retrouve à beaucoup aimer. C’est le cas pour ce thriller. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est parfait, la fin est assez vite découverte je trouve mais sinon, j’ai trouvé l’idée très bonne.

Alice a accouché d’une petite fille, Fanny, il y a deux semaines. Alors qu’elle s’absente quelques heures, en rentrant, elle est certaine que le bébé qui se trouve dans le berceau n’est pas le sien. Son mari assure que si. Mais Alice sûre d’elle, alerte la police. Contrairement à des avis que j’ai pu lire, j’ai beaucoup aimé la construction du roman. On alterne les chapitres où Alice rentre à la maison, ne reconnaît pas sa fille etc à celui de la police une semaine plus tard où Alice et ce bébé ont disparu. Cette construction est très bonne puisque en terminant un chapitre, on veut savoir la suite mais l’auteure nous pousse à attendre un chapitre de plus. Ce qui fait que avant de dormir, on continue, on continue, quitte à faire nuit blanche. Qui a raison ? Alice ? Le mari assurant que ce bébé est le leur ?

En tant que lecteur, les chapitres concernant Alice nous sont livrés avec la première personne du singulier. Nous avons donc ses pensées les plus intimes, nous serions alors plus aptes à croire de ce fait en Alice. Mais très vite la police, son mari et même sa belle mère dévoilent qu’elle a auparavant subi une grave dépression suite à la mort de ses parents. De plus, la dépression post-partum est très vite une nouvelle piste. Donc qui a raison ? Alice subit-elle une dépression ? Ou a t’elle au contraire toute sa tête et raison ? De plus, cette enquête va très vite en ouvrir une autre, une qui remonte au passé de son mari. Autrement dit, je ne me suis pas du tout ennuyée. J’avais envie de découvrir ce qui s’est passé et qui disait la vérité.

J’ai aimé le personnage d’Alice, à travers ses émotions, ses pensées, on peut facilement se mettre à sa place. En revanche, l’auteure a réussi à me faire détester des personnages. Cela pourrait être perçu comme négatif mais cela ne l’est pas. Une auteure qui arrive à vous faire aimer ou détester des personnages est un bon auteur. Je préfère cela aux personnages fades, sans personnalité. Certaines scènes sont terribles, notamment la scène du bain glacé qui m’a fait froid dans le dos.

Enfin, la fin est tout de même prévisible arrivé à un certain moment de l’histoire. Vu que nous avons le point de vue de la police, on comprend vite à quelle conclusion ils sont arrivés et ils ne se trompent pas. C’est le gros point négatif du roman. Autrement, j’ai beaucoup aimé ce thriller.

« Qui es-tu Alaska? » (John Green)

"Ça ne me suffisait pas d'être le dernier mec qu'elle avait embrassé. Je voulais être le dernier qu'elle avait aimé. Et je savais que je ne l'étais pas. Ça m'a fait la détester."

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Il y a bien longtemps que j’avais « banni » les romans jeunesse, pour adolescents de ma bibliothèque, de mes lectures. Je craignais le style trop simple, les histoires niaises.. Pourtant, je n’ai pas résisté à l’envie d’aller voir les films de John Green au cinéma. Et autant Nos étoiles contraires que La face cachée de Margo, j’ai adoré ! Regrettant de ce fait de ne pas les avoir lu, je me suis dis que cette fois, je ne me laisserai pas avoir. Alors, j’ai lu Qui es-tu Alaska? D’ailleurs, en cours d’adaptation. Et j’ai beaucoup aimé.

Il y a un véritable message derrière l’histoire, comme dans les autres. C’est l’histoire de Miles, seize ans qui décide de quitter le nid familial pour aller dans un internat faire ses études. Pour lui qui n’a encore jamais rien connu, c’est le début de tout. Des premières fois. Première cuite, première cigarette, premières vraies amitiés, premier amour et donc le premier qui fait mal évidemment. Mais c’est aussi première grande perte. Le livre est construit avec un compte à rebours, un x nombre de jours avant.. puis on a le jour là, et enfin, un  x nombre de jours après. Avant et après quoi ? Telle est toute la question. J’ai beaucoup aimé cette construction, il est difficile d’arrêter sa lecture car on veut connaître la raison de cet « avant ». Et une fois qu’on le connait, on ne peut s’empêcher de continuer pour voir les différentes réactions des personnages, la façon dont ils vont survivre à ça. Une lecture qui nous pousse à continuer et qui nous empêche de dormir. Ça a été mon cas.

J’ai pratiquement tout aimé du livre : tous les adolescents du roman auxquels on s’attache, le fait de pouvoir revivre ses premières fois en leur compagnie. C’est un roman qui rappelle des souvenirs. J’ai aimé aussi la façon dont le drame est traité, une chose pour laquelle on n’est jamais préparé. Le seul point négatif du roman est que la question reste mystérieuse finalement. Qui es-tu Alaska ? L’auteur a crée une adolescente très mystérieuse, se dévoilant très peu même à ses amis et jusqu’au bout, comme ses copains, on espère en découvrir plus sur elle aussi. Finalement, ça n’arrive pas ou alors pas suffisamment. On reste frustré mais comme les autres de la bande, on doit vivre avec. Ils ne sauront jamais et nous non plus. Alors c’est dommage mais ça reste un choix de l’auteur, un choix judicieux finalement.

Bref, c’est une très bonne lecture que j’ai beaucoup aimé et que je conseillerai à n’importe qui. Autant aux adolescents, qu’aux jeunes adultes venant de quitter ce stade et même les adultes qui verront probablement d’un autre oeil les faits et gestes des adolescents. John Green est un auteur que je relirai avec grand plaisir.