« Huis clos » suivi de « Les Mouches » de Jean Paul Sartre

Lu dans le cadre d’une lecture commune avec Nadia

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Trois personnages se retrouvent à leur mort dans une même pièce. Il s’agit de Garcin, journaliste, Inès, employée des Postes et Estelle, une riche mondaine. Ils ne se connaissent pas, viennent de milieux très différents, ne partagent ni les mêmes convictions ni les mêmes goûts. Jean-Paul Sartre nous décrit ici « son Enfer » avec brio : « l’Enfer, c’est les autres ».

J’ai une petite préférence pour la première pièce Huis clos parce qu’elle m’a beaucoup intéressé. C’est une pièce qui se lit d’une traite car son contenu est léger (seulement 95 pages et un seul acte). Pourtant, en si peu de pages, elle fait passer beaucoup de choses. Tout d’abord, ce qui m’a intéressé dans Huis clos c’est cette image très originale de l’enfer. Ici, nos trois héros morts se retrouvent piégés ensemble dans un salon pour l’éternité. Impossibilité pour eux de sortir. Dans cette pièce, nos trois personnages bavardent entre eux : tantôt amicale, tantôt « agressif ». Ensemble, ils essayent de découvrir pourquoi ils sont là, pourquoi sont-ils damnés ? Comme le dis Inès, un des trois personnages, On ne damne jamais les gens pour rien. Ensemble, ils font un court récit sur l’atrocité d’un acte qu’ils ont commis.

La célèbre phrase de Jean Paul Sartre L’enfer c’est les autres signifie en fait que l’enfer, c’est la manière dont les autres vous perçoit, cette façon qu’ils ont de vous faire prendre conscience de vous même. Ici, Garçin, Inès et Estelle vont s’analyser et se percevoir chacun leur tour. Ce que nous faisons nous aussi, lecteurs. En bref, c’est une pièce très intéressante qui en plus se lit très vite. L’écriture est simple, tout comme les dialogues. Un peu plus complexe dans Les Mouches en revanche.

Les Mouches c’est une réécriture du mythe d’Oreste, cette tragédie grecque. Une réécriture que Jean-Paul Sartre a su mener à bien : les dialogues sont forts, les personnages intéressants et suffisamment complexes. Dans cette pièce, la ville d’Argos a plongé ses habitants dans un sentiment de peur depuis que Agamemnon a été assassiné par le nouvel amant de Clytemnestre. Oreste étant le fils d’Agamemnon, décide de revenir à Argos venger son père, quitte à tuer sa mère également puisqu’elle est la complice de son nouvel amant.

Un peu comme dans la pièce de Shakespeare Hamlet, on se demande si Oreste va passer à l’acte. Mais au contraire de Hamlet, Oreste prend sa décision très rapidement et jusqu’au bout, il maintient que ce qu’il fait est justifié. Le mot « regret » Oreste ne connaît pas. Sa personnalité est importante à l’histoire surtout que ce personnage permet le retour à la liberté.

Pour conclure, une pièce instructive et intéressante aussi. N’hésitez pas à découvrir ces deux pièces de Sartre qui m’ont permis de découvrir l’auteur. De plus, vous découvrirez  le sens de ce titre Les Mouches que je trouvais étrange au premier abord :- )

lectures communes

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2 réflexions sur “« Huis clos » suivi de « Les Mouches » de Jean Paul Sartre

  1. J’avais vraiment peur de ce livre. J’associe Sartre à la philosophie et j’avoue que nous ne sommes pas de grandes amies, toutes les deux. :P Mais ta chronique me donne envie de m’y mettre ! J’aime surtout le résumé que tu donnes de Huit clos, c’est le genre d’intrigue que j’apprécie !
    Je l’emprunterai à ma prochaine escale à la bibliothèque ! :) Merci !

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